L’EMPEREUR

images-1Auteur : Luc Jacquet est né en 1967. C’est un scientifique qui très tôt s’est intéressé à la faune animale et végétale. Dans le cadre de sa formation il a l’opportunité d’effectuer plusieurs voyages en Antarctique. Assez tôt il abandonne son cursus de scientifique pour devenir réalisateur. Toujours dans les îles australes et en Antarctique, il réalise des documentaires comme Le Léopard de mer : la part de l’ogre et Des manchots et des hommes. Au début des années 2000, il envisage de faire un premier long métrage, qui donne naissance en 2005 à la triomphale Marche de l’empereur, Oscar du meilleur documentaire. En 2007, il réalise Le Renard et l’enfant. En 2010 il crée une ONG intitulée Wild-Touch destinée à soutenir des projets mettant en valeur des défis environnementaux. Dans ce cadre il réalise C’était la forêt des pluies qui présente le travail du botaniste Francis Hallé. Leur collaboration donne naissance à un nouveau long-métrage en 2013, Il était une forêt. En 2015, le réalisateur met en lumière un autre scientifique, Claude Lorius, avec La Glace et le Ciel, film présenté en clôture du festival de Cannes 2015.

Analyse : Luc Jacquet voulait donner une suite à La marche de l’Empereur qui nous a enchantés il y a tout juste douze ans et qui a été un succès mondial. Certes L’Empereur reprend l’histoire de cet animal si attachant, à la démarche d’un sénateur repu, qui suscite en nous tant de sympathie. Mais il faut oublier le premier film. Ici les ressorts narratifs, la mise en scène, la musique et la forme du récit sont différents, sans pour autant nous faire regretter l’enchantement du premier. La forme de documentaire de cinéma est plus nette : des flashs back fréquents pour nous conter l’histoire de cet Empereur de 40 ans, depuis la rencontre avec sa compagne, ses amours, la naissance de leur petit, les premiers pas de cet oisillon jusqu’à la longue marche de ce dernier vers l’océan comme l’ont fait tous ses ancêtres. Le rythme du film épouse celui de cet animal qui, lentement mais avec détermination, bravant des conditions atmosphériques extrêmes, fait plus d’une centaine de kilomètres pour atteindre l’océan où il va pêcher pour retourner ensuite sur la banquise nourrir son petit qu’il retrouvera finalement parmi la colonie de milliers d’individus. Les rôles sont bien répartis dans cette communauté : la mère part à son tour pêcher tandis que le père prend le relais en couvant l’œuf. Et le petit ayant atteint un certain âge, elle part le laissant au soin de son père.

Une voix off accompagne les images. C’est celle de Lambert Wilson qui par son timbre chaud et grave ajoute un charme certain. Les moyens techniques utilisés sont infiniment supérieurs à ceux de La marche ; Jacquet nous offre cette fois-ci de somptueuses images sous-marines, où l’on réalise que cet animal est avant tout et surtout aquatique, très à l’aise dans ce milieu où ses « bras » qui lui donnent une allure si pataude sur la neige et la glace, constituent de formidables nageoires grâce auxquelles il effectue de véritables ballets sous l’eau pour notre plus grand plaisir.

Le propos du réalisateur est également d’essayer de comprendre comment se fait la transmission de l’expérience de générations en générations. Cela demeure un mystère car assez tôt le petit est livré à lui-même. Et avec attendrissement on le voit retrouver les gestes de ses parents, son duvet encore sur lui parcourir des kilomètres en file indienne avec ses congénères pour rejoindre l’océan, hésiter longuement avant de se jeter à l’eau où il barbote comme un chiot, et finalement retrouver l’aisance propre à son espèce. Apprentissage qui durera cinq ans au bout desquels il reprendra le long chemin de la banquise, trouvera une compagne, s’accouplera etc… etc… Grâce à des drones Jacquet nous offre également la vue de paysages splendides d’une banquise belle et hostile, qui évolue au point de désorienter parfois ses habitants. Une bouffée d’air frais et vivifiant qui rend heureux et qu’on aurait tort de négliger. Avec un fond d’inquiétude en forme de vœu : pourvu que ce monde dure encore très longtemps !

ET LES MISTRALS GAGNANTS

Auteur : Née en 1973 Anne-Dauphine Julliand est journaliste. Mère de quatre enfants elle a perdu l’aînée de ses filles, décédée d’une maladie orpheline. Elle fait paraître en 2011 Deux petits pas sur le sable qui évoque cette épreuve et qui rencontre un grand écho. Elle obtient le prix Pèlerin du témoignage 2011. Elle publie en…