Winter Break

Auteur : Alexander Payne, né en 1961, est un réalisateur, scénariste et producteur américain. Diplômé d’histoire et de littérature espagnole à l’Université de Stanford, Alexander Payne, de son vrai nom Alexander Papadopoulos (petit-fils d’immigrants grecs), est également titulaire d’une maîtrise de cinéma (UCLA). Il réalise son premier long métrage en 1996, Citizen Ruth dont il est également coscénariste, qui vaut à son actrice principale, Laura Dern le prix d’interprétation au Festival de Montréal. Puis en 1999 il réalise L’Arriviste. Il signe en 2001 le scénario de Jurassic Park III avant de se consacrer à l’écriture et à la réalisation de Monsieur Schmidt qui remporte pour Jack Nicholson le Golden Globe du Meilleur acteur, et à Alexander Payne en compagnie de Jim Taylor celui du Meilleur scénario. Une récompense que les deux acolytes obtiennent de nouveau en 2005 (en plus de celle qui consacre la Meilleure comédie) pour Sideways. Entre 2005 et 2011, il se consacre surtout à sa carrière de producteur. Il reprend les longs-métrages en 2011 avec The Descendants qui obtient l’Oscar de la Meilleure adaptation. Il sort Nebraska (2013) puis Downsizing (2017).

Interprètes : Paul Giamatti (Paul Hunham) ; Dominic Sessa (Angus) ; Da’vine Joy Randolph (Mary).

Résumé : En 1970 dans un collège huppé pour garçons de la Nouvelle Angleterre, à l’aube de Noël, un professeur d’histoire ancienne, mal aimable et grincheux se retrouve, à son grand dam, chargé de surveiller le seul élève resté au lycée pour les fêtes.

Analyse : Parmi les œuvres d’Alexander Payne, Winter Break est incontestablement la mieux maîtrisée et la meilleure. Malgré un film sans surprise dont on devine aisément l’évolution des personnages, on est finalement gagné.e.s par son charme irrésistible. Payne a particulièrement soigné sa mise en scène, nous projetant dans les années 70, comme si le film avait été réalisé à cette période. Le logo Universal d’époque, une pellicule qui gratte, des couleurs ternies nous immergent dans l’âge d’or du Nouvel Hollywood, dont le réalisateur emprunte le format (1,66:1). Dans ce collège pour gosses de riches le professeur Paul Hunham n’a pas tout à fait sa place. Il est bourru, pédant, bougonnant sans cesse contre ces élèves qu’il méprise et dont il considère que ce sont des bons à rien. Inutile de dire qu’il est détesté en retour, également par ses collègues qui ne le considèrent pas comme un des leurs. Les circonstances font qu’il se retrouve assigné au collège pour Noël afin de garder la maison et un groupe d’élèves délaissés par leurs parents, dont il ne restera finalement qu’un, Angus dont la mère a préféré partir en voyage de noce avec son nouveau mari. C’est un élève intelligent mais insolent qui d’emblée irrite Hunham. Il reste également dans l’école une cuisinière, Mama très plantureuse qui vient de perdre son fils unique à la guerre du Vietnam. 

Ce trio improbable, qui cumule les différences, de milieu, de culture, de couleur même, va devoir cohabiter. Ces trois solitudes, ces trois blessés de la vie, vont finir par se rejoindre, chacun baissant la garde et montrant ses failles et ses faiblesses. Le film nous offre alors des moments d’une grande émotion, des petits miracles de tendresse, qui le rendent très attachant. Le charme du film, dont le propos est inspiré de Merlusse (1935) œuvre peu connue de Marcel Pagnol, tient également à la finesse et à l’intelligence de l’écriture du scénario qui ne manque pas d’humour ; également au jeu remarquable de Paul Giamatti en Paul Hunham, de Dominic Sessa en Angus dont c’est le premier rôle et à la merveilleuse Da’vine Joy Randolph en Mary, cuisinière tendre et si bienveillante. Certes il n’est pas dénué, dans sa dernière partie, de bons sentiments, mais que ça fait du bien dans le contexte que nous vivons !

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