FESTIVAL DE CANNES 23 mai

Marcello Mio

Christophe Honoré est un scénariste, réalisateur, écrivain français (54ans). En tant que cinéaste, il a réalisé quatorze longs métrages dont Les chansons d’amour, Les Bien-aimés, Plaire, aimer et courir vite pour lequel il remporte le Prix Louis Leduc. .  Marcello mio est en compétition officielle.

Synopsis : C’est l’histoire d’une femme qui s’appelle Chiara. Elle est actrice, fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, mal dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père. Elle s’habille désormais comme lui, parle comme lui, respire comme lui et elle le fait avec une telle conviction qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello ».

Ce film est un peu une messe de l’entre-soi du cinéma. Il parle de la crise identitaire d’une actrice fille de père acteur et de mère actrice ; il parle de la mort d’un grand acteur que sa fille, n’arrive pas à oublier. Avec Catherine Deneuve elle est entourée des intimes jouant leur propre rôle, Fabrice Luchini, Nicole Garcia, Melvil Poupaud, Benjamin Biolay. Bref un nombrilisme affiché qui finit par devenir lassant et dérisoire. Le déguisement de Chiara en Marcello a un côté enfantin et ne suscite aucune émotion, surtout quand il dépasse les bornes de l’intime et que l’entourage fait semblant d’y croire ; il faut dire que la ressemblance est saisissante. « Un Vaudeville mondain » a-t-on pu lire. Je suis assez d’accord. Les premières scènes sont particulièrement pénibles : dans un film à petit budget Chiara doit rejouer la scène mythique de Mastroianni et d’Anita Ekberg dans un bassin censé représenter la fontaine de Trévi, devant une réalisatrice qui ne fait que hurler à un niveau de décibels parfaitement insupportables. Certes le cinéaste ne se prend pas au sérieux mais ce film a l’air d’un jeu d’enfant qui joué par des adultes devient ennuyeux et inconséquent.

Limonov – The Ballad : Par Xavier Affre de Cinémag

Après LetoLa Fièvre de Petrov et La Femme de Tchaïkovski, le cinéaste russe Kirill Serebrennikov concourt à nouveau pour la Palme d’or avec Limonov, The Ballad, un récit virtuose de la vie d’un homme insaisissable.

C’est une adaptation du roman de l’écrivain français Emmanuel Carrère, sorti en 2011, retraçant de manière fragmentée sur près d’un demi-siècle la vie du dissident et poète soviétique Edouard Limonov. Dès les premiers plans, on identifie assez facilement le style du réalisateur russe : mise en scène virtuose et puissante, aspect fiévreux indéniable, musique rock et punk très présente et choix d’une narration « éclatée » donnant l’impression d’un kaléidoscope visuel. Un sentiment, en outre, renforcé par le recours à du dessin ou des inscriptions / des mots apparaissant à l’écran. 

Tout à la fois ouvrier, militant, révolutionnaire, dandy, voyou, majordome ou sans abri, il fut un poète enragé, un agitateur politique et un romancier. Une vie qui nous emmène dans un voyage à travers les rues agitées de Moscou et les gratte-ciels de New-York, des ruelles de Paris au cœur des geôles de Sibérie. Un homme insaisissable et toujours dans la contradiction. Par des partis pris formels, il réussit à rendre palpable à l’écran toute la complexité de cet homme, à la fois fascinant et abject, marginal épris de liberté mais qui dirigera à son retour en Russie un parti ultranationaliste. L’acteur Ben Whishaw est remarquable, il est un candidat très sérieux au prix d’interprétation masculine.

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