LULU FEMME NUE

LULU FEMME NUEAuteur : Solveig Anspach est née en 1960 en Islande d’un père américain et d’une mère islandaise. Elle fait ses études à la FEMIS en France et sort diplômée de cette école en 1969. Elle vit depuis en France. Elle est l’auteure de nombreux documentaires dont Made in USA en 2001 pour lequel elle a obtenu le Prix François-Chalais. Elle tourne en 2009 un téléfilm pour France 2 sur Louise Michel. Elle réalise également des longs métrages dont, notamment, en 2009  Haut les cœurs avec Karin Viard puis Queen of Montreuil en 2013.

Résumé : À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. Pendant son errance elle va faire des rencontres décisives qui vont l’aider à se retrouver elle-même.

Analyse : Le thème de la femme qui la quarantaine venue jette sa gourme en quittant foyer et enfants est à la mode. Nous avons vu récemment  Elle s’en va d’Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve. Ici aussi c’est une femme qui est réalisatrice, et ce n’est sans doute pas un hasard. Plus ancien le  Pan e Tulipani (mal traduit en français par Pain, tulipes et comédie) de Sylvio Soldini (2000) avait remarquablement traité ce même sujet avec un dénouement semblable.

On aurait pu penser que ce thème rabâché était assez périlleux. Mais Solveig Anspach a une sensibilité suffisamment forte pour faire un film sans clichés, dénué de tout jugement moral – on appréciera notamment l’attitude de la sœur et de la fille de Lulu qui ne tombent pas dans ce travers – tout en nuance et subtilité, sans pathos inutile. Dans son errance Lulu, magnifiquement interprété par Karin Viard, au jeu contenu et discret, plein d’émotions, redécouvre les joies simples de la vie, comme une crème que l’on se passe voluptueusement sur les mains. Elle fait de belles rencontres qui animent le film et le soutiennent. Charles d’abord, marginal plein de tendresse, joué par Bouli Lanners, sorte de nounours timide et craquant, une octogénaire Marthe, interprétée par la magnifique Claude Gensac, libre d’esprit et qui ne veut pas vieillir seule, et la petite serveuse Virginie, maltraitée par sa patronne et à laquelle Lulu et Marthe vont apprendre la révolte et donc la liberté.

Le film est également soutenu par des seconds rôles qui lui donnent un certain relief. Notamment les deux frères de Charles, gardes du corps, veillant scrupuleusement sur leur frère, sortes de chiens qui aboient mais ne mordent pas, déjantés et naïfs, en particulier Jean-Marie si bien interprété par Philippe Rebbot à la limite du débile léger.

Dans cette parenthèse enchantée de la vie d’une femme, la réalité va ressurgir et l’errance prend fin. Mais là encore tout ne rentre pas dans l’ordre et la vie retrouvée ne pourra jamais plus être comme avant.

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