FESTIVAL DE CANNES 20 mai

Les frères Dardenne sont des habitués de Cannes. Ils ont obtenu plusieurs récompenses dont deux fois la Palme d’or, en 1999 pour Rosetta et en 2005 pour L’enfant

Ils reviennent cette année avec Le jeune Ahmed. C’est l’histoire d’un jeune de 13 ans, complètement radicalisé par un Imam et qui applique avec rigueur les principes salafistes. Il refuse de serrer la main de sa professeure d’arabe à l’école, il traite sa mère de mécréante parce qu’elle ne porte pas le voile et boit un verre de vin le soir. Il décide de tuer sa professeure que l’Imam qualifie d’« apostate » parce qu’elle n’enseigne pas l’arabe du Coran. Il échoue naturellement et est placé dans un centre de rééducation. Malgré les progrès qu’il semble avoir fait, il s’enfuit et essaie de récidiver. Pour la première fois depuis La Promesse les Dardenne ont fait appel à des acteurs débutants et inconnus. Comme à leur habitude ils suivent un destin, au plus près du personnage, dans sa vie de tous les jours. C’est dire que ce film ne surprend pas. On a même l’impression qu’ils tirent sur une corde un peu usée. Les raisons de la radicalisation d’Ahmed ne semblent pas les intéresser, c’est dommage. Une pauvreté dans la narration qui culmine dans la scène finale, inattendue et peu crédible, qui donne l’impression désagréable d’un film bâclé. 

Ira Sachs est un réalisateur américain de 53 ans qui a été récompensé à Sundance et à Deauville. Il est l’auteur notamment de Love is Strange et de Brooklyn Village. Frankie est son 11èmefilm. Quel est le propos ? Frankie est une célèbre actrice française. Elle se sait gravement malade, mais le spectateur ne l’apprendra que très tard. Elle décide de passer ses dernières vacances, entourée de ses proches, à Sintra au Portugal. Une galerie de portraits, qui mobilisent de grands acteurs, Isabelle Huppert, l’Irlandais Brendan Gleeson, Pascal Greggory, Jérémie Rénier ou Marisa Tomei, mais passablement embrouillée car on ne comprend pas de suite qui est fils ou fille de qui. C’est filmé comme une pièce de théâtre avec des entrées et des sorties, des acteurs seuls ou à deux, centrés autour d’Isabelle Huppert. Leurs rapports sont souvent conflictuels, sur le mode de l’incompréhension, sans éclat car ici tout est feutré et sans relief. La lumière de Sintra est très belle, la dernière scène aussi où les personnages sont filmés de loin au bord d’une falaise face à la mer. Ils quittent un à un le décor. Mais ce film fait l’effet d’une belle carte postale qu’on regarde et qu’on oublie.

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